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Continuer la lectureBouygues Telecom attaque en justice Free sur le WiFi 7 de sa box Ultra
La filiale du groupe de BTP accuse son rival d’avoir mis en avant cette technologie sans en avoir la certification. Elle juge aussi avoir été dénigrée par son dirigeant, Xavier Niel, lors de son lancement.
Les relations sont toujours tendues entre Bouygues Telecom et Free. Le premier a assigné le second en septembre dernier devant le tribunal de commerce de Paris a appris l’Informé. La filiale du groupe de BTP estime avoir été dénigrée et victime d’une campagne de publicité mensongère de la part de son...
Au passage, il attaque ses trois rivaux. « À l’époque de la Freebox Delta, nos concurrents avaient jugé la fibre à 10 gigabits par seconde inutile », déclare-t-il. Puis il se met à se moquer des propos tenus à l’époque par SFR (« Proposer du 10 gigabits n’a aucun sens, tout le monde le sait »), Bouygues Telecom (« Nous ne voyons pas de cas d’usage pour nos clients ») et Orange (« On ne voit aucune raison de proposer du 10 Gigabits. Pas de course aux débits »). Et d’ajouter : « ces déclarations ont été faites par d’anciens dirigeants, de vrais Nostradamus, ils sont plus là aujourd’hui. Pas sûr que nos concurrents aient fait des mauvais choix en participant à leurs départs ». De quoi énerver semble-t-il Bouygues Telecom. Mais c’est surtout la suite du show qui va pousser le groupe à agir.
Lors de cette présentation, Xavier Niel claironne que Free est le premier opérateur au monde à commercialiser le WiFi 7, dernière technologie dont la certification a été lancée le 8 janvier 2024 par la WiFi Alliance. Elle permet de dépasser le Gigabit pour chaque appareil connecté sans fil. Free surfe sur cette innovation dans sa campagne télé nationale avec ce slogan « Nouveau WiFi 7, le meilleur des WiFi ». Or, Bouygues Telecom juge cette campagne mensongère car la technologie n’était pas certifiée sur la Freebox Ultra et sur ses répéteurs. Et elle ne l’est toujours pas. La certification permet de s’assurer de sa compatibilité avec tous les équipements connectés existants et, ce, dans les trois bandes de fréquences. D’ailleurs, plusieurs abonnés Free se plaignaient sur les forums de problèmes de débit sur les répéteurs fournis par l’opérateur, ces petits boîtiers que l’on installe dans une autre pièce de son appartement ou de sa maison lorsque le réseau est insuffisant. En cause, le fait qu’ils ne gèrent que 2 des 3 bandes de fréquence sur les trois utilisées par la technologie Wifi 7. Insuffisant pour atteindre les débits maximums.
Un an plus tard, Bouygues Telecom commercialise à son tour sa Bbox et son directeur général lâche « notre Box aura du vrai WiFi 7 et pas un WiFi 7 partiel comme ça peut être le cas ailleurs ». Dans sa publicité, l’appareil s’affiche même comme le premier à être certifié en France avec tous ses répéteurs. Un tacle évident à Free.
Ce conflit s’inscrit dans la guerre sur le marché du très haut débit avec la fin programmée de l’ADSL en France et le basculement généralisé vers la fibre optique. Huit foyers sur dix en étaient équipés fin septembre 2024 selon l’Observatoire du gendarme du secteur l’Arcep et les factures sont en hausse régulière à 36,80 euros en moyenne par mois au troisième trimestre (+5,5% sur un an). Les opérateurs cherchent donc à se distinguer par une course aux débits et aux nouveaux services proposés comme le WiFi 7. Contactés, Bouygues Telecom et Free n’ont pas souhaité faire de commentaire. En attendant la suite, le montant des dommages et intérêts réclamés est toujours en cours d’évaluation.