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Continuer la lectureLe parquet ouvre une information judiciaire sur les centres de santé Cosem
Ce réseau de structures de soin aurait notamment facturé des prestations inexistantes au détriment de la Sécu jusqu’en 2023. Avant son rachat par Ramsay Santé.
Le Cosem n’a pas fini de traîner ses casseroles. Selon nos informations, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire, par réquisitoire introductif, le 23 décembre dernier, sur ce réseau associatif de centres de santé. Créé en 1945 et financé par des fonds publics, il avait été placé en liquidation judiciaire en 2024 puis racheté par le géant Ramsay Santé. Il compte encore 11 structures en France, désormais sous le nom de leur repreneur, et prend en charge plus d’un million de patients par an.
Le Cosem fait l’objet de deux chefs d’accusation. Le premier porte sur une « escroquerie aggravée » au préjudice des caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) de Paris, Essonne, Loiret, Loire et Haute-Loire, entre avril 2021 et juin 2023, représente un montant de près de 600 000 euros. Le réseau aurait facturé des actes non réalisés - parfois le patient cité n’avait même pas pris rendez-vous,ou le médecin n’était pas présent ce jour-là - ou déclaré plusieurs fois la même intervention. Les enquêteurs pointent aussi de fausses mentions sur les feuilles de soins pour contourner la réglementation et ont même constaté le « délabrement de dents saines ».
Le second chef porte sur des accusations d’« abus de confiance, détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts, entre 2019 et 2022, au détriment notamment du Cosem », le tout pour un montant cinq fois plus lourd : près de 3 millions d’euros. L’enquête vise ici l’ancienne direction, incarnée par Daniel Dimermanas et sa famille. Aucun individu n’a été mis en examen à ce stade.
Cette enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) puis à la brigade financière et anticorruption (BFAC), fait suite à un signalement de la CPAM de Paris en avril 2023. Elle même avait été alertée par 11 salariés du Cosem, dont le directeur des affaires financières et la DRH. En 2022, la CPAM de Paris avait remboursé à la société 44,5 millions d’euros d’honoraires pour des prestations de soins délivrées à des bénéficiaires parisiens.
Me Patrick Atlan, avocat de Samy Dimermanas, qui dirigeait le groupement avec son père Daniel au moment des faits reprochés, a répondu à l’Informé sur les interventions présumées fictives. Il indique que des dentistes avaient été licenciés et que la direction avait porté plainte. « Ce n’est pas le centre ou son dirigeant qui était responsable des traitements, mais chaque praticien », défend l’avocat. Il précise que son client n’a pas été contacté, à ce stade, dans le cadre de l’information judiciaire.
Daniel Dimermanas avait aussi été mis en cause pour l’emploi présumé fictif de son épouse Isabelle Dimermanas. Ainsi que pour des notes de frais incluant du parfum, du caviar ou des nuits dans un palace niçois. Invité à l’émission Compléments d’enquête sur France 2 en mars 2024, l’ancien patron avait quitté le plateau juste avant une interview, mécontent du reportage diffusé sur le Cosem.
Contacté, l’avocat de Daniel Dimermanas Olivier Pardo n’avait pas répondu à nos sollicitations à l’heure de notre publication.