L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureImaOne, Evesio… quatre groupes d’imagerie médicale se bousculent pour attirer les fonds
Offre professionnelleMalgré le récent tour de vis sur les remboursements de l’Assurance maladie, leurs actionnaires espèrent réaliser de belles plus-values.
Les grandes manœuvres se poursuivent dans l’imagerie médicale. Depuis quelques années, un certain nombre de groupements de cabinets - à l’instar de Simago, Excellence Imagerie, Imdev… - ont choisi de se tourner vers des fonds pour leur expansion et investir dans leurs équipements. Hasard de calendrier - ou pas -, quatre autres acteurs de taille importante ou intermédiaire ont choisi de sonder le marché en 2026. C’est le cas d’Imagen, un acteur qui compte dans la radiologie libérale en Ile-de-France et en Bourgogne-Franche Comté. La banque Rothschild & Co a été mandatée pour trouver un successeur pour Montefiore, comme révélé dans nos colonnes fin 2025.
Selon nos informations, un autre poids lourd du secteur, ImaOne, est également sur les starting-blocks, lui qui est soutenu depuis 2022 par Bpifrance et Eurazeo*. Enfin, deux « pure players » de la médecine nucléaire - pratique voisine de la radiologie classique où l’on examine les organes d’un patient en injectant un produit faiblement radioactif - tentent aussi leur chance : il s’agit d’Evesio et de Lutecia Care, respectivement accompagnés par les fonds MBO+ et Raise. En cas de succès, ces trois derniers dossiers pourraient rapporter gros à Oddo BHF puisque la banque d’affaires franco-allemande joue les intermédiaires dans chacun d’entre eux pour le compte des vendeurs, a appris l’Informé.
Les enchères sur Imagen en sont déjà à un stade assez avancé, les discussions se poursuivent avec une poignée de candidats. Parmi les investisseurs intéressés, sont cités le fonds d’infrastructure français Cube, son homologue britannique MML Infrastructure ou encore l’américain HIG. De leurs côtés, les négociations autour d’ImaOne, qui ne laisserait pas insensible des fonds comme HLD ou Carlyle, devraient a priori démarrer en juin. Des « info-memos » auraient déjà été envoyés à des investisseurs. Le groupement jouirait aujourd’hui d’une taille presque deux fois supérieure à celle d’Imagen grâce à un Ebitda qui serait proche des 50 millions d’euros. ImaOne s’est constitué autour du cabinet de radiologie Imapôle, acteur assez incontournable en Auvergne-Rhône-Alpes. Mais sa taille actuelle s’explique aussi par des acquisitions qui lui ont permis de s’implanter en Suisse et de se diversifier dans la médecine nucléaire.
Evesio et Lutecia Care font état d’une taille plus petite, avec un Ebitda d’une quinzaine de millions d’euros. Le premier, qui exploite plusieurs cabinets en Ile-de-France, est en plein milieu des pourparlers. La constitution d’un consortium d’investisseurs aurait été envisagée. Parmi ceux qui se sont positionnés sur le dossier figurent Capital Croissance, Five Arrows, Weinberg Capital… Lutecia, qui exploite plusieurs centres en province (Amiens, Vannes…), serait quant à lui dans une phase avancée des préparatifs - l’hypothèse d’un lancement des enchères le mois prochain est évoquée.
Plusieurs sources s’attendent à l’ouverture d’un cinquième dossier un peu plus tard dans l’année, Résonance Imagerie. Cette plateforme bénéficie d’une taille très significative, avec une quarantaine de sites entre l’Ile-de-France et le Centre Val de Loire. Elle s’était alliée à Andera Partners et à son activité « mid-cap » mi-2022. Mais le timing d’une réouverture du capital reste encore flou à ce stade. « Cela dépendra sans doute de l’issue des autres dossiers et des conditions de valorisation qu’il en sortira », juge une source financière.
Cet afflux de dossiers dans l’imagerie médicale peut en tout cas surprendre à un moment où l’Assurance maladie taille dans les dépenses allouées : 300 millions d’économies ont été annoncées à l’automne 2025, sur une période courant jusqu’en 2027. Il a été décidé une baisse des remboursements des forfaits techniques destinés aux cabinets pour financer l’achat et le fonctionnement des IRM, scanners et autres équipements d’imagerie. « Les investisseurs au capital des groupements actuellement sur le marché sont soumis à leur propre calendrier, qui leur impose de retourner du cash aux souscripteurs de leur fonds, juge un banquier. Par ailleurs, ils se disent que quitte à devoir sortir, autant le faire tout de suite, tant rien ne semble militer en faveur d’une amélioration des conditions de remboursement de la part de l’assurance maladie. »
À noter également que le secteur est soumis à une réglementation stricte prévoyant que les radiologues-associés d’un cabinet conservent le contrôle du capital et des droits de vote, limitant les investisseurs à des positions inférieures à 25 %. Dans leurs opérations, ces derniers ont néanmoins l’habitude d’utiliser d’autres instruments tels que des actions de préférence ou des obligations, afin de capter parfois une très grande majorité des droits économiques dans les groupements grâce aux versements de dividendes ou d’intérêts. Des contentieux avaient fini par émerger autour de la validité de certains pactes d’actionnaires vus comme offrant peu de garanties à l’indépendance des radiologues. À partir de fin 2023, Imapôle s’était par exemple retrouvé dans le collimateur de l’ordre des médecins du Rhône, qui est allé à plusieurs reprises jusqu’à le radier - décisions dont la société avait obtenu la suspension par le juge des référés du Conseil d’Etat. Celui-ci devra néanmoins encore rendre une décision sur le fond prochainement.
*Eurazeo est présent dans ImaOne comme gestionnaire de Nov Santé Actions Non-Cotées, un programme lancé en 2021 par la Caisse des Dépôts et les principaux assureurs tricolores.
Cet article est réservé aux abonnés bénéficiant de l'Offre Pro
Vous n’êtes pas abonné(e) à l’Informé ou êtes abonné(e) à l’offre particuliers ? Découvrez nos offres professionnelles dédiées aux entreprises, collectivités ou tout autre type d'organisations.
Je m'abonnePourquoi l’Informé lance une “Offre Pro” ?
Depuis notre création en octobre 2022, de nombreux abonné(e)s nous ont demandé d’aller encore plus loin sur leur univers professionnel, de leur apporter des informations encore plus pointues sur leur marché. C’est pour répondre à ce besoin que l’Informé enrichit son offre avec des “articles pro”. La vie de votre secteur n’aura plus le moindre secret pour vous.