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Continuer la lectureL’avenir du magazine VSD se précise
Heroes Media, soutenu par les salariés, et La Manche Libre, repreneur le mieux-disant, partent favoris pour reprendre à la barre le magazine phare des années 80.
« VSD nous doit de l’argent à tous ! » s’amuse un prestataire de services dans les couloirs du tribunal de Commerce de Paris. Agences photo, sociétés informatiques, iconographes… En ce mercredi 29 mars, les créanciers du magazine, ses salariés et ses acquéreurs potentiels étaient convoqués pour une audience d’examen des offres de reprise du titre, alors que le news phare des années 80 est aujourd’hui en liquidation, plombé par des ventes en recul, un coût du papier en forte hausse et une gestion questionnable. Quatre offres de rachat ont été examinées par le Tribunal, certains candidats ayant déjà jeté l’éponge. L’instance a choisi de se laisser un peu plus de temps pour analyser les différents dossiers et a décidé de prolonger la période d’observation du magazine de deux semaines.
Ces derniers jours, les repreneurs potentiels ont présenté des offres améliorées, avec un objectif double : séduire à la fois la cour et les salariés. Ces derniers viennent d’exprimer leur avis à l’issue d’un scrutin organisé en interne et se sont majoritairement prononcés en faveur de l’offre de Heroes Media portée par Philippe Abreu, anciennement à la tête de Paris Turf. De quoi estomaquer l’actionnaire majoritaire sortant, Georges Ghosn. « Pourquoi ils n’ont pas voté pour moi ? » s’étonne-t-il. « On est dans l’expectative depuis 2019, on a besoin de visibilité » lui répond l’un d’eux.
Le procureur a finalement refusé au directeur de la publication une dérogation pour déposer son offre : en tant qu’actionnaire majoritaire, Georges Ghosn ne pouvait en effet reprendre la société sans cet accord spécifique.
Compte tenu de la dette du journal, supérieure à 4 millions d’euros, le tribunal pourrait avant tout être sensible aux offres les mieux-disantes. L’écart entre les propositions reste important : la plus basse, avancée par le groupe réunionnais Miracle, plafonne à 8911 euros, la plus élevée, présentée par la Manche Libre, atteint 350 000 euros. Le clermontois Heroes Media reste, lui, autour de 120 000 euros et France Quotidien se dit prêt à mettre 106 400 euros sur la table.
L’avenir des salariés a aussi été au centre des débats. Les candidats ont opté pour des stratégies différentes : la Manche Libre propose de reprendre avant tout les plus bas salaires (5 au total, sur 9), Heroes Media veut se concentrer sur les « historiques » (6) et Ghosn comme France Quotidien souhaitent garder le maximum des troupes (7). Tous envisagent de continuer de travailler avec 10 pigistes à la demande de l’administratrice.
France Quotidien assure de son côté proposer la meilleure offre, puisqu’en reprenant les salariés, son plan coûtera le moins cher aux AGS (le régime de garantie des salaires), chargés de régler 72 000 euros de clause de cession à chaque journaliste éconduit. Mais, malgré des investissements prévus, la proposition ne suscite pas l’enthousiasme des équipes. « Aucun salarié ne voudra rester travailler avec eux » assure le représentant du personnel de VSD, Christophe Gautier.
Le tribunal de Commerce va délibérer, et promet une décision rapide : les salariés seront fixés le 7 avril prochain.