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Médias - Culture

Valeurs actuelles : la succession compliquée de Tugdual Denis

Avant de débarquer le directeur de la rédaction de l’hebdo conservateur, Pierre-Édouard Stérin et les autres actionnaires ont essuyé plusieurs refus, dont ceux de deux figures du Figaro. Ils espèrent toujours des candidats.

Tugdual Denis, ancien directeur de la rédaction de Valeurs actuelles.
Tugdual Denis, ancien directeur de la rédaction de Valeurs actuelles. JULIE SEBADELHA / AFP

Tous ne s’attendaient pas à une telle émotion. Ce lundi 21 septembre, les journalistes de Valeurs actuelles ont appris en fin de journée le départ immédiat du patron de la rédaction, Tudgual Denis. Aucun mail n’a officialisé la nouvelle : l’ambiance n’était pas au pot de départ et au cadeau commun. «...

Voilà des mois que Nicolas Le Gall recherche un nouveau patron pour la rédaction. Cet été, il a sollicité l’aide d’un cabinet de chasseur de têtes, a appris l’Informé. Celui-ci a sondé de nombreux journalistes, dont des figures du Figaro qui ont décliné. Selon nos informations, le rédacteur en chef du service Débats du quotidien, Alexandre Devecchio, ou le directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Yves Thréard, étaient pourtant fortement désirés. Contactés sur le sujet, ces derniers n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Tudgual Denis avait été informé, dès cet été, des souhaits des actionnaires de ne plus continuer avec lui. Mais pourquoi le faire partir alors même qu’aucun profil n’émerge pour lui succéder ? « Cela permet de dire : s’il y a un courageux, il y a une place à prendre », décrypte un proche de la direction de l’hebdomadaire. Le lancement de la nouvelle formule, prévue pour le 14 octobre, se fera a priori sans nouveau patron, mais les actionnaires espèrent que la période de flottement à la tête du magazine ne dure pas plus de deux ou trois mois. Le profil qu’ils recherchent ressemble pourtant au mouton à cinq pattes. « Le futur patron devra aussi bien pouvoir défendre l’hebdomadaire sur France Inter que sur CNews », affirme un bon connaisseur du dossier. Surtout, le successeur de Tugdual Denis devra « faire grandir ses équipes » et avoir l’expérience pour manager une rédaction qui s’est grandement rajeunie. Avec plus d’une dizaine de départs ces derniers mois, dont celui du rédacteur en chef Amaury Brelet, l’hebdomadaire a vu sa moyenne d’âge chuter. La très grande majorité des recrues sortent des écoles de journalisme et n’ont pas encore trente ans.

En attendant, c’est Charles Sapin, directeur adjoint venu du Point au cours de l’été, qui occupe l’intérim. C’est lui qui a animé la conférence de rédaction hebdomadaire du magazine. Après avoir renoncé à rester sur France Inter pour un débat - la rédaction avait obtenu l’arrêt de son édito hebdomadaire après une grève -, il se verrait bien occuper plus longtemps le job de numéro un. « Il a fait des claquettes pour prendre le pouvoir, analyse un journaliste. Dans sa prise de parole en conférence de rédaction, il a affirmé être très triste de la situation, mais la vie continue. C’est une façon habile de se positionner. »

Depuis un an, l’hebdomadaire a vu sa diffusion poursuivre sa chute à 61 124 exemplaires par numéro, en baisse de 16,6 % entre juillet 2025 et juin 2026. Sa base d’abonnés papier fluctue entre 32 000 et 36 000 fidèles, avec des ventes en kiosque autour des 10 000 unités chaque semaine. Les abonnés numériques complètent la diffusion mais leur nombre n’a jamais réellement décollé. Un changement d’application et une refonte du site internet sont prévus pour les prochains mois.

Si l’hebdomadaire s’attend encore à être déficitaire en 2026, la feuille de route est claire pour l’année prochaine : VA doit enfin atteindre l’équilibre. Voire gagner de l’argent.

Contactés, Charles Sapin, Tudgual Denis et Nicolas Le Gall n’ont pas répondu à nos questions.