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Continuer la lectureLa pépite française du vernis Manucurist prête à accueillir un fonds
L’entreprise fondée par Gaëlle Lebrat Personnaz a mandaté une banque pour remettre à plat son capital. Plusieurs acteurs se sont déjà positionnés.
Dans l’Hexagone, Manucurist est l’une des success stories de l’univers de la cosmétique les plus marquantes de ces dernières années. L’histoire démarre il y a dix ans, lorsque Gaëlle Lebrat Personnaz reprend la marque à sa propre mère, qui avait tenté de développer une activité de distribution pour les professionnels de la manucure. Son idée : créer une gamme de vernis à ongles non toxiques et vegan. La fondatrice, passée par Louis Vuitton, Prada et Yves Saint Laurent, y applique les codes du luxe et propose ses fioles de 15 ml entre 14 et 25 euros.
Aujourd’hui, Manucurist est présent dans 4 200 pharmacies et chez de nombreux revendeurs dont Sephora. La jeune pousse écoule ses produits dans une trentaine de pays, dont les Etats-Unis où des négociations seraient en cours avec l’enseigne de distribution américaine Target. Invitée le mois dernier dans le podcast Génération Do It Yourself de Matthieu Stefani, l’entrepreneuse y précisait ne pas du tout chercher à se vendre et assurait participer par simple souci de visibilité, les femmes étant sous représentées dans les podcast qui traitent d’aventures business. Une affirmation partiellement vraie puisque, selon nos informations, les bureaux londonien et parisien d’Alantra ont été mandatés pour une vaste remise à plat de l’actionnariat de la jeune entreprise. A l’issue de ce processus, un fonds pourrait reprendre la majorité du capital, aux côtés de Gaëlle Lebrat Personnaz et de son mari Gaël Personnaz (actuel DG), a appris l’Informé.
L’an dernier, la banque d’affaires d’origine espagnole a vendu la marque de cosmétique Medik8, alors propriété du fonds Inflexion, à L’Oréal pour près d’1 milliard d’euros. Si elle ne peut espérer autant avec Manucurist, elle viserait toutefois une valorisation représentant peu ou prou 20 fois l’Ebitda - lequel était estimé à près de 13 millions d’euros en 2025, pour un chiffre d’affaires de 75 millions… contre 2,5 millions en 2019. Le cap des 100 millions étant attendu dès cette année. Plusieurs fonds ont d’ores et déjà été sélectionnés. Parmi eux figureraient les américains General Atlantics, Advent International et TSG Consumer, ainsi que Verlinvest - la structure d’investissement des familles belges de Spoelberch et de Mevius (actionnaires historiques du brasseur AB InBev).
Les fonds américains sont privilégiés car l’entreprise réalise aux Etats-Unis près d’un tiers de ses revenus. « A l’issue de ce processus de cession, les commandes opérationnelles pourraient être confiées à Julien Laporte, qui a déjà un rôle clé dans l’entreprise », croit savoir un proche du dossier. Cet homme d’affaires à la tête de la marque de puériculture Béaba officie déjà en tant que directeur non exécutif de Manucurist et board advisor de la fondatrice.