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Continuer la lectureCastorama, Interflora… la Répression des fraudes épingle le cashback en ligne
Processus d’abonnement peu clair, remises artificiellement gonflées… les autorités sont intervenues auprès de plusieurs acteurs du secteur. Elles pointent des pratiques trompeuses du service de cashback sur abonnement partenaire de nombreux sites e-commerce.
Les internautes seront-ils un jour débarrassés des pièges qui leur sont tendus à l’issue de leurs achats en ligne ? Des messages, intégrés dans la confirmation de commande, font parfois miroiter un remboursement d’une partie de vos dépenses. Il s’agit en fait d’une incitation à souscrire un service d...
Si elle ne l’a pas rendu public à ce jour, la direction de la répression des fraudes (DGCCRF) traque les excès de ces offres. Le service Remises et réductions, géré par la société suisse Webloyalty et visible lors d’un achat sur le site de la SNCF ou de la Fnac, est le plus connu. Mais selon nos informations, c’est un service concurrent, Remises et privilèges, qui vient d’être épinglé. Appartenant à GWP, une société installée au Luxembourg, il a fait des victimes parmi les clients de Castorama, Interflora, Allopneus, ou encore Feu vert – autant d’enseignes qui l’ont mis en avant sur leur site web.
Le service cache son intention commerciale
La Répression des fraudes exige que Remises et privilèges cesse ses « pratiques commerciales trompeuses ». L’injonction date du mois de mai et lui laisse trois mois pour réagir. L’administration lui reproche d’« induire le consommateur en erreur sur le prix de l’abonnement au service de cashback, [de] ne pas indiquer [sa] véritable intention commerciale, [et de] fournir de façon inintelligible [son] identité ». L’entreprise a tenté, en vain, de faire suspendre l’injonction par le tribunal administratif.
De fait, de nombreux internautes souscrivent presque malgré eux, si l’on en croit les messages d’utilisateurs déposés sur le site d’avis en ligne Trustpilot. « En effectuant une commande Castorama je me suis retrouvé adhérant à Remises et privilèges sans le savoir, pour un montant de 18,90 € par mois et pour une prestation que je ne connais même pas ! », écrivait Jacques, fin juin. Contacté par L’Informé, le service Remises et privilèges n’a pas répondu.
Concurrent et principal acteur du cashback sur abonnement, Remises et réductions (Webloyalty) subira-t-il également les foudres des autorités ? Difficile à dire. Ses bannières sont sans doute moins équivoques que celles de son concurrent. Et la DGCCRF n’a pas répondu à nos questions.
Un député s’insurge
Remises et réductions suscite en tout cas des critiques récurrentes, dont celles du député de Vendée Philippe Latombe (Modem). Mardi 18 juillet, il a assuré avoir obtenu du ministre des Transports qu’il fasse pression sur la SNCF pour un arrêt de son partenariat avec Remises et réductions. Dans une question écrite au gouvernement posée quelques mois plus tôt, il estimait que la méthode « pourrait s’apparenter à de l’hameçonnage, le client peu averti ayant du mal à repérer qu’il bascule du site marchand sur lequel il s’est rendu en toute conscience sur celui de Remises et réductions ». Et il jugeait « inadmissible qu’une entreprise publique au service des usagers comme la SNCF, recoure à de telles pratiques ».
Du côté de Webloyalty, propriétaire de Remises et réductions, on défend la clarté de l’annonce et du processus d’abonnement : « Toute information substantielle est réitérée à plusieurs reprises dans le formulaire d’inscription, explique l’entreprise à l’Informé. Notre page mentionne clairement [les] droits d’adhésion mensuels de 18 € ».
Les services de la répression des fraudes ne s’attaquent pas qu’à la transparence de la communication. Ils remettent aussi en cause la réalité des promesses de remboursement. L’ensemble des sites de cashback avaient la mauvaise habitude d’indiquer les taux de cashback s’appliquant aux prix des achats hors taxes. La méthode permet de gonfler artificiellement les taux affichés. Prenons une offre faisant miroiter 5 % de cashback sur un achat payé 60 € TTC. Appliqués au montant hors taxes (soit 50 €, une fois retranchés les 20 % de TVA), les 5 % de cashback correspondent à un reversement de 2,50 € : cela représente seulement 4,16 % du prix TTC. L’astuce est désormais jugée trompeuse par l’administration. L’injonction reçue par Remises et privilèges porte aussi sur ce point. Comme Remises et réduction, la plateforme continue à ce jour d’afficher ses taux de cashback en pourcentage des dépenses hors taxes.
Un affichage plus transparent chez iGraal, Poulpeo et eBuyClub
Les sites de cashback gratuit (sans abonnement) ont aussi été rappelés à l’ordre. « Historiquement, nous communiquions toujours en hors taxes, relate Samy El Chehaly, responsable de iGraal en France. Suite à un “audit” des sites de cashback, la DGCCRF a demandé de passer en TTC pour une plus grande transparence, ce que nous avons fait il y a un an. » Autres acteurs historiques du cashback, Poulpeo et eBuyclub ont également modifié leur affichage au cours de l’année écoulée.
Contrairement aux sites de cashback sur abonnement, ces sites génèrent peu de plaintes, car ils sont réellement gratuits. Ils déplorent régulièrement les pratiques de leurs concurrents sur abonnement, qui contribuent à jeter l’opprobre sur le principe du cashback.