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Finance - Conseil

L’agence de communication Epoka tient enfin son repreneur

Le tribunal de commerce de Paris a désigné ce mercredi la société qui reprendra les activités de l’entreprise, placée en redressement judiciaire en mars dernier.

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Un nouveau départ pour Epoka ? Ce 24 juillet, le tribunal de commerce de Paris a statué sur le nom du repreneur de l’agence de communication en difficulté, qui conseille notamment de grands noms comme Groupama, Keolis et L’Oréal. L’offre du groupe de conseil suisse Mantu, qui proposait de reprendre 1...

Lors de l’audience au tribunal de commerce le 2 juillet dernier, Mantu avait fait valoir sa position, estimant que sa reprise permettrait à Epoka de « bénéficier de l’envergure internationale du groupe, de ses équipes de recrutement en France et à l’étranger et de son développement ». Et d’ajouter qu’il acceptait de contribuer à l’accompagnement social des salariés licenciés, à hauteur de 2 000 euros par salarié licencié. De son côté, l’offre concurrente, celle présentée par le cabinet de conseil 2017 a été considérée comme irrecevable par le tribunal et n’a donc pas été examinée. En cause ? La volonté de son dirigeant Roman Abreu de sélectionner les salariés qu’il souhaitait reprendre, rejetée par le tribunal. Les salariés d’Epoka s’étaient pourtant exprimés en sa faveur lors d’un vote interne. 32 d’entre eux devraient bientôt être licenciés. «Je regrette que le management ait réussi à imposer son candidat au tribunal qui n’a eu finalement qu’une seule offre à examiner, a réagi Roman Abreu suite à la publication du jugement. Mais je souhaite bien sûr le meilleur aux équipes d’Epoka dans leur nouvel environnement. »

Epoka a connu de grosses difficultés ces dernières années, avec des pertes de 3, 2,4 et enfin 1,9 millions d’euros sur les trois derniers exercices. En tout, le passif de l’entreprise est estimé à plus de 30 millions d’euros. Devant le tribunal, pour justifier ses mésaventures, la société cofondée par Mathieu Gabai et Manuel Lagny a mis en avant l’impact de la crise sanitaire sur ses activités, une « campagne publique de dénonciation des comportements de harcèlement moral et sexiste » sur la page Balance ton Agency à son encontre, mais aussi la découverte d’une fraude d’1,6 millions d’euros commis par l’un des cadres d’Aressy, société intégrée en 2021 à la structure.

Interrogé sur la situation, un salarié nous confie sa résignation : « Là, nous avons un repreneur, et c’est bien, mais ça ne change rien à la réputation de l’entreprise, qui n’est pas très bonne. » Et d’ajouter son étonnement face à la (non) réaction des dirigeants tout au long de cette mauvaise passe : « C’est incompréhensible : depuis plusieurs mois, on fait comme s’il ne s’était rien passé. » Récemment, les clients d’Epoka ont reçu une invitation les conviant le 11 septembre prochain à l’un des raouts que la société a l’habitude d’organiser, en grande pompe, sur le rooftop de son immeuble du premier arrondissement de Paris. L’heure n’est visiblement pas encore aux économies.