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Orange a trouvé son nouveau président

Après de longues négociations, c’est finalement Frédéric Sanchez, administrateur du groupe, qui remplacera Jacques Aschenbroich, atteint par la limite d’âge. Sa nomination doit être validée en conseil ce jour. Plusieurs candidatures externes de poids n’ont pas convaincu.

Frédéric Sanchez va être nommé président d’Orange.
Frédéric Sanchez va être nommé président d’Orange. Blondet Eliot / Blondet Eliot/ABACA

Le processus de nomination d’un nouveau président du conseil d’administration pour Orange est en train de se boucler avant l’assemblée générale du 19 mai prochain. Jacques Aschenbroich occupe ce poste depuis 2022 mais, aujourd’hui âgé de 71 ans, il est atteint par la limite d’âge et son mandat ne peu...

Pour le remplacer, les noms de précédents responsables d’Orange ont d’abord circulé : Bruno Mettling, ancien DRH, Pierre Louette, ex-directeur général délégué et secrétaire général, mais surtout, Stéphane Richard, l’ancien PDG, désormais banquier d’affaires chez Perella Weinberg où il conseille d’ailleurs Free. Si les deux premiers ont démenti avoir des ambitions pour le poste, ce n’est pas le cas du troisième. « Cette option a été abandonnée car il est difficile de projeter le groupe vers l’avenir en s’appuyant sur les anciens dirigeants », note un proche du dossier. Selon nos informations, deux autres candidatures ont été présentées par Brigitte Lemercier, la papesse des chasseurs de têtes du CAC 40. Il s’agit de Catherine Guillouard, ex-PDG de la RATP, et Christel Bories, la présidente d’Eramet qui vient de reprendre la direction générale par intérim. Mais le comité de gouvernance d’Orange, présidé par Anne-Gabrielle Heilbronner, ainsi que la DG, Christel Heydemann « n’étaient pas d’un enthousiasme débordant sur les deux candidatures proposées, indique un proche du dossier. Les administrateurs se demandent s’il ne serait pas nécessaire de repartir d’une page blanche et faire émerger d’autres candidatures. »

Face à l’enlisement du dossier et aux exigences de l’Élysée, une solution interne a été trouvée, « par défaut » selon une source. Il s’agit de Frédéric Sanchez, 66 ans, président du groupe industriel Fives, dont il a pris 30 % du capital il y a 30 ans. Aujourd’hui président du comité stratégie et technologie du conseil d’administration d’Orange, il a été nommé administrateur en 2020 sous l’ère Stéphane Richard. Ils se sont connus durant leurs études à HEC. Pour Christel Heydemann, ce profil présente l’avantage d’incarner une continuité avec Jacques Aschenbroich, avec qui les relations s’étaient améliorées après des débuts plutôt compliqués. Ce dernier devrait d’ailleurs rester administrateur du groupe.

« Frédéric Sanchez, le prochain président, s’entend bien avec elle et permettra de garantir des rapports fluides dans la gouvernance à venir », précise un connaisseur. Autre avantage : il a participé au nouveau plan stratégique du groupe pour cinq ans, Trust the Future, dévoilé le 19 février dernier. En tant que président du Medef International et du réseau des Chambres de commerce et d’industrie françaises, il possède aussi une bonne connaissance des enjeux à l’étranger et d’un solide carnet d’adresses. Un conseil a lieu ce jour à 17 heures pour valider ce choix.

Avec Christel Heydemann, il aura de nombreux défis à relever : finalisation du rachat et intégration de MasOrange en Espagne dans les prochains jours, négociation du rachat de SFR avec le passage de quatre à trois opérateurs en France... Christel Heydemann a réussi à relancer le cours de Bourse de l’opérateur dont l’action a pratiquement doublé en l’espace d’un an. La nomination de Frédéric Sanchez doit encore être soumise au vote des actionnaires lors de l’assemblée générale du 19 mai. Contacté, Orange n’a pas souhaité faire de commentaire.