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Médias - Culture

Salto : Bouygues Telecom veut faire payer France Télévisions, M6 et même TF1

L’opérateur télécoms réclame des dommages en raison de l’arrêt brutal du service de vidéo à la demande dont il était l’unique distributeur sur les box. Cela ne fait pas rire du tout France Télévisions ni M6.

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Salto

L’aventure Salto sera décidément un mauvais feuilleton jusqu’au bout. Même après sa mort, le fantôme du service de vidéo-à-la-demande revient hanter ses actionnaires TF1, France Télévisions et M6. Pour rappel, la plateforme a fermé ses portes en février dernier et, depuis, la liquidation est assurée ...

Il s’agit de Bouygues Telecom, seul fournisseur d’accès à Internet à avoir distribué Salto sur le canal 93 de ses box. Alors qu’Orange, SFR et Free avaient refusé de proposer le service, lui avait accepté, visiblement sur demande de son propriétaire, le groupe Bouygues, également actionnaire principal de TF1. En retour, Bouygues Telecom touchait une commission - soit un pourcentage du tarif mensuel payé par les clients (de 6,99 à 12,99 euros) - à laquelle il doit désormais renoncer. Aujourd’hui, l’opérateur affirme que cet accord commercial a été rompu brutalement, et cherche à toucher un dédommagement à ce titre. À partir de la marge que généraient les commissions, Bouygues Telecom a réalisé plusieurs simulations pour estimer son manque à gagner. La plus élevée d’entre elles approche les 5 millions d’euros. « Demander une indemnité si exorbitante nous paraît cocasse, indique-t-on chez l’un des ex-actionnaires de la plateforme. C’est tout de même TF1, qui appartient au même groupe, qui a décidé de fermer Salto ».

En effet, c’est la Une (suivie par la Six) qui a activé la porte de sortie prévue dans le pacte d’actionnaires à la date anniversaire des deux ans après sa signature, soit en novembre 2022. La réclamation du fournisseur d’accès fait donc enrager M6 et France Télévisions. Car sur les 900 000 abonnés revendiqués par le service, bien peu venaient de Bouygues Telecom, qui n’a commencé à proposer le service qu’en mai 2021. En effet, la plupart des clients étaient recrutés directement depuis le site Web de Salto, l’application mobile ou encore via Amazon Prime Video. Pour sa part, le géant américain nous a indiqué ne faire aucune demande d’indemnisation ou de compensation.

Pour l’heure, le mandataire n’a pas encore tranché ce dossier épineux. Il doit déjà rembourser les clients et dénouer les contrats liés entre les trois actionnaires. Les comptes 2022 avaient déjà budgété 66 millions de coûts de liquidation. Cela porte le déficit cumulé depuis la création à la coquette somme de 256 millions, dont une grande part provient de l’achat de programmes et de spots publicitaires auprès des trois groupes audiovisuels.

Contacté, M6 ne nous a pas répondu. De son côté, France Télévisions nous a renvoyé vers le liquidateur de Salto, Maître Marc Sénéchal, tandis que TF1 et Bouygues Telecom n’ont pas souhaité faire de commentaires.